TÉMOIGNAGES
 d'utilisateurs, de professionnels, ou d'amoureux de la race Castillonnaise 

LA PERLE RARE DE l'ARIÉGE

Je prends la plume pour vous parler d’une race très souvent oubliée...
Car le Mérens n’est pas le seul prince noir de l’Ariège. 
Au carrefour des vallées de la Bethmale, de la Belle Longue et du Biros, un petit village de Castillon en Couserans a donné son nom à un vaillant petit cheval : le Castillonnais. Petit par la taille ( entre 1m35 et 1m55) mais pas par le cœur ni par le courage. Cette race j’en suis tombée amoureuse lorsque j’ai rencontré Cumulus de Bigorre dit « la cerise », le cheval d’une amie. 
Comme le Mérens, le Castillonnais a le pied sûr, la croupe ronde et bien charnue, un dos large et bien soutenu qui fait rêver à de nombreuses randonnées. Son poil fourni bai châtain foncé et ses yeux doux mais vifs, le transforme en gros nounours dès que l’hiver arrive. L’été, ses tâches de feu sur les flancs et la croupe, son nez de renard lui donne des reflets de cuivre. 
Cheval de loisirs par excellence, son caractère doux mais néanmoins bien trempé en font un ami idéal pour grands et petits cavaliers. Bien sûr, sa morphologie un peu trapue et rondouillarde n’en font pas un cheval de CSO mais il sautera néanmoins quelques barres avec un peu d’entraînement….à moins qu’il ne les traverse tout simplement comme des fétus de paille, n’est ce pas Cumulus !

Voilà, l’injustice est réparée. Et je vous assure que ce formidable petit cheval vaut bien qu’on lui accorde un peu d’intérêt.

Isabelle ATLAN

Love  Story....

entre Corinne et son compagnon....

Cumulus de Bigorre 
dit "la cerise"

Un Castillonnais en Belgique 

Connaissez-vous un homme qui fasse 1300Km pour… acheter un cheval ?

« Fada » du cheval depuis toujours, je guide des attelages depuis 20ans.
D’abord l’attelage de sport et de compétition, puis l’emploi du cheval comme énergie douce pour l’entretien des prairies et pour le débardage. J’ai suivi l’instruction à 2 et à 4 en Allemagne, méthode Achenbach. A Slizvavarad j’ai appris la méthode hongroise (2- 4).

 Devenu instructeur en Hollande-Deurne. Ainsi, depuis 3 ans me voici responsable du Haras Diepensteyn 16, avec des Traits Belges qui  font la fierté de la brasserie PALM. J’ai alors élevé et dressé mon propre attelage à 4 de poneys Cobs Gallois. J’adore faire du tandem et labourer avec mes chevaux. Et je suis amoureux des Lippizans.

J’attends d’un cheval d’attelage qu’il ait  quatre bons pieds et jambes, qu’il ait du « chic » qu’il avance et qu’il soit clair dans sa tête.
Résumons : il est fou cet homme, mais, Dieu lui pardonne,il est Belge !!!
Comment trouver un Castillonnais ? 

J’ai vu Olivier Couthiade à Paris, il y a 2 ou 3 ans. C’est rare de rencontrer un « homme de métier ». J’ai voulu le voir travailler et apprendre. En avril 2000 nous avons pris un rendez vous. En Belgique, Maître Vivario a des mules de chez Olivier. C’est par lui que j’ai su qu’Olivier avait aussi des Castillonnais.
Nous avons alors vu des mules, vaches « Casta » et Castillonnais au travail !
A cette occasion, ma femme, Adrienne, a compris que la mule est  une bête d’une grande distinction.

Nous avons eu la surprise de découvrir un petit hongre, crinière rasée, crins et queue coupés, plutôt timide. Il n’avait pas à nos yeux le brillant du Cob Gallois, mais trottait et marchait et était calme !! Je l’ai essayé pendant 2 jours, : il a travaillé très honnêtement et avait une grande confiance dans l’homme. Il m’a plu, nous l’avons acquis.

Depuis il fait partie de la famille.  

Il a encore beaucoup changé : il est devenu plus « grand » et se sent responsable de la petite harde qui l’entoure. Avec ma vieille jument Cob, ils vivent ensemble en prairie.
Le voilà devenu beaucoup plus « Monsieur ». Il a une totale confiance, il est plus « étalon » (ce qu’il aurait d’ailleurs dû être !) 
Il me fait penser aux croquis de Crafty. Le vétérinaire lui a trouvé 4 bonnes jambes, le maréchal-ferrant m’a félicité sur la qualité et la robustesse de ses pieds.
De son Ariège natale au « Plat Pays, qui est le mien » Hurricane a bien fait le voyage ; je l’observe, pensant parfois, mais la plupart du temps, il mange ! Le « cheval » rustique et original sans « section sport », mais avec une bonne endurance, un trot qui roule comme les « R » du Sud.

Un cheval avec une distinction naturelle ; un cheval qui ne court pas les rues. Un cheval qui s’appelle « de Castillon ». Je le trouve plus chic que le Mérens.
Le cheval était très correctement débourré, ce qui m’a donné la possibilité de l’apprécier correctement.
En effet, l’Ariège n’a rien avec la Flandre….quant au trafic, bruit, route…. !!!

Toutes ces nouveautés, Hurricane les a bien digérées. Ce qui est preuve de la grande valeur « morale » de ce cheval et je redis encore mon incompréhension que vous ne l’ayez pas gardé comme étalon de Race !!

Résumons : si la route fût longue, remercions le ciel : le cheval est fantastique.

Questions : Pourquoi ne pas avoir acheté en Belgique ?

En effet, beaucoup de poneys sont très « sport » ; mais dans le Cob Gallois, il y a beaucoup de chevaux difficiles ; d’autres n’ont pas assez de flair ni d’expression ; en un mot, ils n’ont pas le caractère de la rusticité.

Par sa taille, son caractère et ses allures, le Castillonnais est pour moi un excellent cheval d’attelage. Derrière une voiture antique, qui a souvent ma préférence, Hurricane est dans le style et fait merveille !!!

Un beau pays, des chevaux biens, un excellent homme de métier, vous ne pouvez, Ariégeois, que produire du bon !!!

Manu de Meulenaer

                                                                                    ESPOIRS...

    Des qualités, le Castillonnais n’en manque pas, il possède toutes celles des chevaux Ariégeois : frugalité, endurance, polyvalence…, 

    Y resterez-vous insensible ?

    Sauver les derniers rhinocéros blancs ou les derniers grands singes n’est pas à notre portée immédiate…

    Par contre préférer un Castillonnais à une autre monture du même type peut contribuer à maintenir un patrimoine génétique de valeur et une population humaine pyrénéenne qui a bien du mal à subsister dans cette contrée âpre et sauvage, si belle qu’on ne peut plus la quitter…

Olivier Courthiade 
Octobre 1991
 

 Voilà un petit bonjour pour un cheval qui a tout des grands….
 

Emigré depuis maintenant bientôt 2 mois à l’autre bout de la France, je vous envois ce petit courrier électronique qui n’a pour autre but que de saluer.

Il y a des choses qui vous arrive dans la vie et aux quelles jamais vous n’auriez pensé…
Il y a un peu plus de trois ans, un moment de ma vie m’a amené chez vous dans l’Ariège, et comme le dit si bien O. Courthiade, ce fut si beau que j’y suis resté.

Le temps se faisant et les rencontres aidant, je me suis prit tout d’abord de curiosité pour, disons le, le cheval oublié de l’Ariège.
J’ai rencontré au fur et à mesure, une équipe aussi dynamique et motivante que ce cheval est quand à lui exceptionnel… et c’est peu dire.

Rapidement, la curiosité s’est transformé en intérêt, et là encore une fois cette fameuse équipe m’a écouté, renseigné… Moi qui ne voyais en un cheval qu’une énorme créature, je me suis mis peu à peu à les aimer et d’autant plus ce cheval  Castillonnais qui mérite de part ses qualités de survivre et d’être soutenu.
Peu à peu, les membres de l’association, m’ont intégrés comme un des leurs, et j’ai pu mettre à leurs dispositions mes quelques savoir-faire et qualités afin de mettre moi aussi mon petit caillou à l’édifice.

Je tiens bien à dire que l’APACC ne nécessite pas ma présence pour avancer, en effet ils sont très compétents chacun en leur domaine, et ma présence n’était qu’un petit plus. Et puis, ils ont le meilleur cheval de trait léger que l’on puisse désirer !

Maintenant que la vie m’a poussé si loin, je me retrouve en Haute-Savoie, sans aucun Castillonnais et qu’est ce qu’ils me manquent !!!

S’occuper d’eux est certes très prenant mais le plaisir que l’on retire à être avec un cheval aussi sûr, sympathique, travailleur et magnifique, à travailler avec, ou alors, à se promener en sa compagnie est incomparablement supérieur aux efforts à fournir !!!

Je vous fait gré des caractéristique physique de ce « petit » cheval car je ne les connais que trop bien et vous aussi.

Je sais aujourd’hui que par delà le pays, ce qui me manque principalement de l’Ariège est le Castillonnais, cheval magnifique mais aussi équipe formidable.

Alors à vous, hommes et chevaux qui avez sus me faire apprendre, évoluer et avancer dans ces trois années en Ariège, je vous remercie sincèrement, et ne vous oublierais jamais, je souhaite vous revoir au plus vite et avec autant de bonheur…

Jean TOURNIÉ. Fervent défenseur et amoureux du cheval de Castillon et de ses acteurs.
Octobre 2006